Les usines : Bétera et Segorbe
Avant Bétera : les années Nalda (1966–1970)
Avant de fonder sa propre marque, Ramón Inglés a passé quelques mois comme technicien chez Porcelanas Bidasoa (Irún) puis, brièvement, chez Lladró —où son style, plus classique, ne correspondait pas à la direction esthétique recherchée par l'entreprise à cette époque. Sa véritable période de formation en tant que sculpteur de porcelaine eut lieu à la Fábrica de Porcelana y Refractarios Víctor de Nalda, à Almàssera (Valence), où il travailla comme sculpteur principal entre 1966 et 1970.
En quittant Nalda pour devenir indépendant, l'usine lui offrit plusieurs anciens moules d'autres sculpteurs y ayant travaillé —dont Vicente Beltrán, Doménech et Fulgencio García— un geste qui reflète les bons termes de son départ.
Bétera (1970)
Ramón Inglés fonde sa propre marque, Porcelanas Inglés, à Bétera en 1970, avec sa propre boutique sous le nom « Inglés, Arte en Porcelana ». Ce fut l'atelier d'origine, où furent produites aussi bien les figurines en porcelaine que les débuts de la ligne de poupées.
Segorbe (début des années 1980)
La croissance de l'activité des poupées a rendu nécessaire l'agrandissement de la production au début des années 1980. Le nouveau site s'installe dans un ancien moulin construit au XVIIe siècle par les moines chartreux de Valldecrist, en pleine campagne, à la limite administrative entre Segorbe et Altura (Castellón) —relevant de Segorbe. Dans cette nouvelle usine, les visages des poupées deviennent plus élaborés : yeux indépendants et même mécanisme basculant.
La fermeture
Les problèmes de santé de Ramón, des difficultés de gestion et la crise générale du secteur céramique valencien dans les années 1990 —dont seul Lladró a survécu, jusqu'en 2000— ont conduit à la fermeture de l'usine. Après la mort de Ramón en 1997, sa sœur Fina tenta de poursuivre seule l'activité à Segorbe, sans succès. Le bâtiment et son contenu furent vendus précipitamment peu après, sans que les archives de l'usine ne soient conservées.
Le bâtiment de Segorbe est abandonné depuis des années ; la municipalité l'a officiellement déclaré « en ruine » en 2016.
Sources
- Antonio Ten Ros, El escultor Ramón Inglés Capella y su obra en porcelana, Universitat de València, 2024. DOI: 10.13140/RG.2.2.33809.65129.
- Jorge Alonso Berzosa, Biographie de Ramón Inglés Capella (1932–1997), Centre d'Estudis Locals de Bétera.
La notoriété du bâtiment abandonné
Au fil des années, le bâtiment de Segorbe est devenu un lieu connu de la culture urbex et des légendes urbaines de la Communauté valencienne, avec une couverture médiatique (Las Provincias, El Debate) et même un épisode de télévision qui lui a été consacré en 2024.
Il est important de distinguer cela des faits documentés ci-dessus : les rumeurs précises circulant sur le bâtiment (anciens usages comme couvent, événements violents, etc.) relèvent de la tradition orale et du phénomène médiatique autour du lieu, mais ne sont vérifiées par aucune source historique ou académique. Cette archive les mentionne uniquement comme un phénomène culturel, sans les tenir pour avérées.